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Créer sa micro-entreprise en 2026 : le guide complet

Mis à jour le 14 octobre 2026 Lecture : 5 min

À retenir

  • L'inscription se fait en ligne et elle est gratuite, sur le guichet des formalités des entreprises.
  • Vos cotisations 2026 sont un pourcentage du chiffre d'affaires encaissé : 12,3 % pour la vente, 21,2 % pour les services commerciaux et artisanaux, 25,6 % pour les activités libérales (BNC).
  • Plafonds 2026 : 203 100 € pour la vente, 83 600 € pour les services et les professions libérales.
  • Trois délais à connaître : 60 jours pour demander l'ACRE, la fin du 3e mois suivant la création pour opter pour le versement libératoire, et la déclaration de CFE avant le 31 décembre de l'année de création.

Micro-entreprise ou autre statut : ce qu'il faut comparer

La micro-entreprise est une entreprise individuelle au régime fiscal et social le plus simple. Vos cotisations se calculent sur le chiffre d'affaires encaissé, sans déduction de frais. Sans chiffre d'affaires, vous ne payez aucune cotisation, mais vous devez quand même déclarer 0 €.

Pour l'impôt sur le revenu, un abattement forfaitaire remplace vos charges réelles : 71 % pour la vente, 50 % pour les services BIC, 34 % pour les activités libérales (minimum 305 €). C'est là que la comparaison se joue.

Exemple. Un consultant en BNC encaisse 40 000 € et supporte 24 000 € de frais réels. En micro, son revenu imposable est de 26 400 € (40 000 € moins 13 600 € d'abattement) ; au réel, il serait de 16 000 €. Ses cotisations seraient de 10 240 € en micro (25,6 % de 40 000 €), quels que soient ses frais. Plus vos frais réels dépassent l'abattement, moins la micro-entreprise est avantageuse.

Le patrimoine personnel d'un entrepreneur individuel, micro-entrepreneur compris, est séparé automatiquement de son patrimoine professionnel (règle en vigueur depuis le 15 mai 2022). Il reste des exceptions. L'administration fiscale (impôt sur le revenu, taxe foncière des biens utiles à l'activité) et les organismes de sécurité sociale (cotisations et contributions sociales) peuvent saisir aussi le patrimoine personnel. La protection tombe aussi en cas de fraude ou de manquements graves, ou si vous y renoncez à la demande d'un créancier. Si vos frais sont lourds ou si vous approchez des plafonds, comparez avec l'entreprise individuelle au réel ou une société. Le service gratuit « Conseillers Entreprises » de service-public.fr peut vous aider.

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BIC ou BNC : choisir sa catégorie d'activité

Votre catégorie fixe vos taux, votre plafond et votre abattement. Elle dépend de ce que vous faites :

  • Commerciale : vous achetez des biens pour les revendre.
  • Artisanale : votre métier figure sur la liste officielle des activités artisanales.
  • Libérale : vous fournissez des prestations de nature principalement intellectuelle (consultants, formateurs, traducteurs, coachs).
ActivitéCotisations 2026Plafond de CAAbattement fiscal
Vente de marchandises (BIC)12,3 %203 100 €71 %
Services commerciaux ou artisanaux (BIC)21,2 %83 600 €50 %
Activités libérales (BNC)25,6 %83 600 €34 %
Professions libérales relevant de la Cipav23,2 %83 600 €34 %

S'y ajoute la contribution à la formation professionnelle, payée avec les cotisations : 0,1 % pour une activité commerciale, 0,3 % pour une activité artisanale, 0,2 % pour les services et les professions libérales. Les commerçants et les artisans paient aussi, avec les cotisations, une taxe pour frais de chambre consulaire : 0,015 % (vente) ou 0,044 % (services) pour la chambre de commerce, 0,22 % ou 0,48 % pour la chambre de métiers (plus en Alsace-Moselle), au-delà de 5 000 € de chiffre d'affaires ; les professions libérales n'y sont pas soumises. Le taux BNC est passé de 24,6 % à 25,6 % le 1er janvier 2026. Si vous cumulez vente et services, le plafond global est de 203 100 €, dont 83 600 € au plus pour les services. En cas de doute sur votre catégorie, renseignez-vous avant de vous inscrire.

S'inscrire pas à pas

  1. Déclarez votre activité sur le guichet des formalités des entreprises (formalites.entreprises.gouv.fr). L'immatriculation d'une micro-entreprise est gratuite, sauf pour les agents commerciaux. Préparez une pièce d'identité, un justificatif d'adresse et une déclaration sur l'honneur de non-condamnation. Une activité réglementée demande en plus l'autorisation ou le diplôme.
  2. Récupérez votre certificat d'immatriculation, qui indique votre SIREN et votre code APE.
  3. Choisissez votre rythme de déclaration à l'Urssaf : mensuel ou trimestriel.
  4. Décidez du versement libératoire de l'impôt sur le revenu (1 %, 1,7 % ou 2,2 % du chiffre d'affaires selon l'activité). Il se demande à la création, au plus tard le dernier jour du 3e mois suivant, puis avant le 30 septembre pour l'année suivante, et il dépend de votre revenu fiscal de référence.
  5. Demandez l'ACRE si vous y avez droit, au plus tard 60 jours après le début d'activité. Tout est dans notre article sur l'ACRE.

Vos obligations après l'immatriculation

  • Déclarer votre chiffre d'affaires, même à 0 €, sur autoentrepreneur.urssaf.fr : avant la fin du mois suivant (mensuel) ou les 30 avril, 31 juillet, 31 octobre et 31 janvier (trimestriel). La première déclaration intervient après au moins 90 jours d'activité. Repères dans le calendrier du micro-entrepreneur.
  • Tenir un livre des recettes (et, selon l'activité, un registre des achats) et conserver vos justificatifs 10 ans.
  • Ouvrir un compte bancaire dédié : obligatoire dès le départ pour une activité commerciale, et pour les autres activités dès que le chiffre d'affaires dépasse 10 000 € pendant deux années consécutives. Il porte la mention « EI » ou « entrepreneur individuel ».
  • Facturer sans TVA sous les seuils, avec la mention « TVA non applicable, article 293 B du CGI ». Voir la franchise de TVA.
  • Prévoir la facturation électronique : depuis le 1er septembre 2026, toute entreprise assujettie à la TVA, micro-entrepreneur en franchise compris, doit pouvoir recevoir des factures électroniques. L'obligation d'en émettre s'applique à partir du 1er septembre 2027.
  • Déposer la déclaration initiale de CFE (formulaire 1447-C-SD) avant le 31 décembre de l'année de création. Vous ne payez pas de CFE cette année-là, mais cette déclaration sert de base aux années suivantes (détails sur la CFE).

Les erreurs de débutant à éviter

  • Laisser passer le délai de l'ACRE : elle ne s'obtient que sur demande à l'Urssaf, dans les 60 jours qui suivent le début d'activité.
  • Prendre le chiffre d'affaires pour un revenu. Cotisations, frais et CFE sont à retirer : voir un exemple chiffré ou le simulateur de cotisations.
  • Ne pas suivre ses seuils. La franchise de TVA (37 500 € en services) et le plafond du régime micro (83 600 €) sont deux seuils distincts : voir les plafonds et leur dépassement.

Pour suivre au même endroit vos encaissements, vos seuils et vos échéances, vous pouvez utiliser le cockpit MonMicroPilote, gratuit. MonMicroPilote n'est affilié ni à l'Urssaf ni à l'administration.

Sources

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